Machine de guerre – Paolo Bacigalupi

Machine de Guerre, Paolo Bacigalupi, J’ai Lu Poche, 409 pages, octobre 2019

Quand j’ai pris ce roman, je faisais une overdose de SF. Je n’ai pas attaqué la lecture très optimiste, en pensant que je ne ferais que survoler l’histoire, parce que je n’étais pas dans l’humeur… et punaise, comme je me trompais ! Machine de Guerre est un roman coup de poing, de ceux qu’on lit rarement, et qui ouvrent toutes les écoutilles en nous quand on tombe dessus. J’ai été subjuguée par la plume, la trame, et surtout, la force tranquille de cette fiction : ses personnages. Voilà des semaines que je n’avais pas réussi à plonger dans un roman de science-fiction sans m’ennuyer, et je suis tombée sur un réel page turner. Je l’ai littéralement dévoré, sans concession, dans les transports, à table, pendant les publicités à la télévision… Machine de Guerre est une révélation, et même s’il n’est pas révolutionnaire dans sa construction ou sa thématique, il m’a vraiment transportée.

Il est aussi très difficile à résumer !

Nous suivons donc les aventures de Tool, un homme mi-loup qui a été créé par le général Caroa pour suivre ses ordres. Un genre d’arme invincible, un mélange entre l’homme et des gênes de nombreux animaux différents. Il a été entraîné pour tuer, et pour suivre les ordres. Obéir. Voilà ce qu’il a fait toute sa vie.

Jusqu’à ce que quelque chose cède en lui.

Jusqu’à ce que ses « dieux » l’abandonnent, et qu’il comprenne le réel sens du mot liberté. Tool, l’homme loup trouve alors une nouvelle meute, non pas faite d’obligations mais faite d’amour, de volonté, de réels sentiments avec Mahlia, une jeune femme au caractère bien trempé, Ocho, un homme soldat au courage sans faille, et d’autres enfants soldats qui ont été arrachés à leur vie de pauvreté. Tool comprend alors qu’il n’est fait que pour une chose : se défaire de cette relation de violence qu’il entretient avec Caroa, ce « dieu » qu’il ne veut plus servir.

Le roman commence sur le Général qui réalise que son arme est en train de se retourner contre lui et qui tente de l’abattre, sans succès. Mais il emporte avec lui la majorité de la meute de Tool, qui comprend qu’on ne le laissera jamais tranquille.

Ses dieux qui le guettent du ciel ont fait pleuvoir le feu sur lui, et il ne veut plus jamais revivre ça. Il va alors se mettre en route pour chevaucher le ciel, trouver des faux dieux qui se cachent dans des dirigeables en abattant lâchement des missiles sur lui.

Machine de Guerre est un enchaînement de scènes d’action toutes plus réalistes les unes que les autres et à aucun moment répétitives.

On va suivre ce petit groupe qui va tenter d’aider Tool, cet homme au courage sans borne et au physique repoussant, à mener sa mission à bien. Le tour de force de l’auteur réside dans la création d’un personnage, Jones, aux ordres du général Caroa, qui va essayer de tuer Tool par tous les moyens mais pour qui on a beaucoup d’empathie. La jeune femme suit les ordres parce qu’elle ne peut se permettre d’être rétrogradée. Un autre genre de combat va alors se jouer dans son esprit ; faire ce qui lui semble juste, ou suivre les yeux fermés un homme en qui elle n’a pas confiance.

Sous ses abords de SF ‘hard’, Machine de Guerre traite de sujets vraiment intéressants : la religion, la croyance, l’obéissance, l’amour, l’amitié, la mort.

Le roman se lit d’une traite, en apnée constante, car Tool va juste entamer une course contre la montre pour faire valoir ses idéaux.

Je m’attendais à une trame plutôt convenue, jusqu’à ce qu’un plotwist final vienne tout remettre en question. Quelles étaient les réelles intentions de Tool ? Est-ce qu’il était bon, tout ce temps, est-ce qu’il était libre, tout ce temps ?

Je ne vais pas m’avancer plus afin de ne pas vous spoiler, mais n’hésitez pas une seconde. Ce roman m’a emporté… il est fait pour vous si vous aimez : la science-fiction un peu plus prononcée, les amitiés éternelles, les scènes d’action à couper le souffle.

Merci à J’ai Lu Poche pour ce superbe SP ! ♥

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Danses aériennes – Nancy Kress

Danses aériennes, Nancy Kress, Septembre 2017, J’ai Lu Poche

Le résumé est un court passage d’une des nouvelles. Ça ne dit pas grand-chose sur le contenu du recueil en lui-même… mais même après l’avoir terminé, je dois avouer que je ne saurais pas comment le résumer non plus.

Ce qui m’a vraiment marquée à la lecture, c’est d’abord la qualité de la plume de Nancy Kress. Belle, fluide, vraiment parfaite pour de la Science-Fiction. Je n’ai rien à redire à ce niveau-là : le vocabulaire est top, les formules percutantes, les titres des nouvelles sont vraiment bien choisis et pique notre curiosité…

Mais alors est-ce que j’ai aimé ma lecture ?

De prime abord, oui. J’ai passé un très bon moment au fil de ces nouvelles disparates. Ça va parler de sport, d’étoiles, d’amitié, de philosophie aussi. Un point vraiment agréable est justement cette capacité à écrire sur de nombreux sujets pour éviter la redondance, parfois le piège des recueils.

Le seul petit bémol et qui m’a un peu coupée dans ma lecture, mais ça c’est propre à mon passé avec les nouvelles… j’ai beaucoup de mal quand il n’y a pas de chute. Les fins ouvertes ne me posent pas de problème mais j’aime quand on me donne du grain à moudre, à réfléchir, que je m’arrête une seconde sur la dernière page et que je ne puisse pas enchaîner directement sur la suite.

Voilà mon souci : je n’ai pas été soufflée. Certaines nouvelles m’ont plus emportées que d’autres (petite mention pour « Le bien commun »), d’autres m’ont laissée de marbre, mais aucune ne m’a vraiment transportée dans une danse aérienne. Je les ai aussi peut-être trouvées un peu trop contemplatives.

Après ça reste de la très bonne science-fiction, de bonne qualité, bien écrite, bien documentée, et ça suit un peu les traces de ce qu’on peut lire actuellement dans le domaine.

Vous aimez la science-fiction et les nouvelles ? Ce recueil est donc fait pour vous !

Merci à J’ai Lu Poche pour ce SP de qualité ♥

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Six mois, trois jours — Charlie Jane Anders

Dans ce recueil de nouvelles, il y en a cinq. Cinq totalement différentes.

Je n’ai mis que le résumé de celle qui m’a le plus marquée et surtout c’est celle qui parle le plus d’amour.

Je ne sais pas trop comment chroniquer le recueil de Charlie Jane Anders. Je sais juste une chose : elle écrit très bien et elle est barrée. Ce recueil, en plus d’avoir une superbe couverture, est vraiment à la destination de fans de science-fiction et de tous ses sous-genres. Je ne suis pas certaine d’avoir compris la moralité que voulait nous faire passer l’auteure à chacune de ses nouvelles, mais ce côté un peu « curieux » et un peu « incompréhensible » m’a aussi fait plaisir. C’est comme un roman d’Alain Damasio : on sort de là sans vraiment avoir tout compris mais en ayant apprécié le chemin malgré tout.

Ce n’est pas un immense coup de cœur mais une belle découverte.

Je suis très curieuse de lire les autres romans de cette auteure, qui a vraiment une très jolie plume et des personnages bien construits.

L’auteure passe des infinités de possible, aux aliens, aux conséquences d’un désastre climatique… j’aime la facilité avec laquelle elle navigue dans les sous-genres de la science-fiction. De plus, les nouvelles sont assez courtes et se lisent relativement rapidement.

Donc voilà : un univers très SF intéressant, une écriture fluide, mais une impression parfois d’être perdue ou de ne pas saisir le message sous-jacent.

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