Mensonge – JP Delanney

Mensonge – JP Delanney – Fayard/Mazzarine – 18 septembre 2019

J’ai adoré le premier roman de JP Delanney « La Fille d’Avant » (vous pouvez retrouver notre chronique en cliquant ici) et c’était avec plaisir que je retrouvais sa plume dans « Mensonge ». Et quel roman ! J’adore me faire mener par le bout du nez et c’est avec plaisir que j’ai laissé faire l’auteur.

Nous avons affaire à un thriller psychologique (oui, mon péché mignon) avec à nouveau, une romance entremêlée dans les arcs policiers. Nous suivons Claire, une étudiante en arts dramatiques qui, pour plusieurs raisons un peu longues et pas forcément intéressantes (on va dire pécuniaires), se retrouve à flirter avec des hommes mariés suspectés d’infidélité pour un cabinet d’avocats spécialisé dans les divorces. Bien sûr, elle rêverait de jouer d’autres scénarios… Jusqu’au jour où l’une de ses « proies » comme elle les appelle, est soupçonnée de meurtre.

La police va donc demander à Claire de jouer de ses talents pour piéger cet homme. Seul problème ? Il s’agit d’un universitaire élégant, gentleman, qui possède un profond sens artistique et une part trouble, sombre, qui charme Claire. Qui ment, dans cette histoire ? Est-il honnête ? Et elle, l’est-elle à mesure qu’elle tombe amoureuse de lui, qu’ils bâtissent une relation, qu’ils se confient l’un à l’autre ?

Claire est persuadée de faire de la figuration, sauf qu’elle commence à tomber dans son propre piège : elle devient le premier rôle.

Ce roman est un casse-tête absolument divin et génial. Il y a des rebondissements à chaque chapitre, on plonge à chaque fois plus profondément dans la psychologie humaine. J’ai eu peur, vers le dernier tiers, que l’auteur se perde dans des explications incohérentes et futiles mais les derniers plotwists de fin sont juste magistraux. Alors oui, il faut accepter de se laisser porter. Il faut accepter de laisser la magie opérer, mais c’est un réel coup de cœur que j’ai eu pour ce livre.

Diabolique, qui vous fait croire tout et son contraire. Je suis passée par tous les sentiments envers nos héros : j’ai même commencé à m’attacher à cet homme sombre, accusé de meurtre. A-t-il vraiment tué ? Est-on fondamentalement mauvais lorsqu’on commet ce genre de crime ? C’est un roman qui m’a beaucoup questionnée sur la nature humaine mais aussi sur la façon que nous avons de raconter les histoires. Après tout, selon d’où on se place… toute histoire a des facettes différentes.

Vous aimez perdre la tête ? Vous aimez quand ça touche un peu à la romance, à l’amour, et jusqu’où nous serions prêts à aller pour lui ? Vous aimez les thrillers, les rebondissements haletants ? Ce roman est fait pour vous.

Je ne peux pas trop en dire de peur de spoiler car vraiment tout est calculé. Je préfère ne rien vous dire si ce n’est : plongez, appréciez, découvrez. Lisez.

Juste un regard – Harlan Coben

Harlan Coben, Juste un regard, Editions Pocket 2006

C’est la première fois que je me lançais dans un Harlan Coben. J’étais au relay avant de partir en vacances, j’ai cherché rapidement sur Babelio le meilleur titre qu’ils avaient en stock. C’est tombé sur « Juste un regard » et bon sang… j’ai adoré l’expérience !

Je n’étais pas forcément convaincue par le pitch : Grace va faire développer des photographies et, dans le paquet, s’est glissé une photo un peu étrange… Son mari est là, avec des gens qu’elle ne connaît, et la plupart d’entre eux ont une croix sur le visage. Comme s’ils avaient été pris pour cible… Lorsqu’elle veut le confronter, son mari claque la porte, et s’en va.

Pour ne pas revenir.

Grace doit alors faire face à cette disparition mais elle ne restera pas les bras croisés. Son mari lui cache quelque chose, et elle va vouloir découvrir à tout prix quoi.

Ce que j’ai beaucoup aimé, et c’est un léger spoil mais qui pour moi est nécessaire à aborder, c’est le fait que Grace sait des choses qu’elle ne nous livre pas. L’auteur réussit le pari fou de nous embarquer dans une histoire du point de vue de cette femme aux innombrables secrets. Et si c’était elle qui avait plus à perdre dans toute cette histoire ?

J’adore les thrillers psychologiques qui prennent place dans un couple. C’est une manière pour l’auteur de nous immerger dans une romance un peu particulière, mêlant suspense, et remise en question du lecteur à tout instant. Que ferais-je, moi, si mon mari venait à me fuir de cette manière à cause de la photographie ?

De nombreuses questions se posent au fil de la lecture : qui est Grace ? Qui est son mari ? Qui a mis cette photographie dans l’enveloppe ? Sa meilleure amie, la seule à qui elle pensait pouvoir se fier ? La sœur de son mari, qui n’a jamais voulu la rencontrer ? Ou son mentor, un homme riche et puissant, qui a toujours tout fait pour la protéger depuis qu’elle est jeune femme ?

Petit trigger warning pour les personnes qui pourraient être sensibles : le livre évoque un attentat. Chacun sa sensibilité, je sais que beaucoup de lecteurs sont parfois touchés plus que d’autres quand on parle de ces sujets-là. Certains chapitres sont un peu glauques, tirant sur le gore, mais ça reste assez sobre malgré tout. Le roman alterne de nombreux points de vue, qui insufflent un dynamisme bien venu à la lecture.

Ce roman est fait pour vous si vous aimez : les thrillers psychologiques, les livres liés par l’action, les plotwists auxquels on ne s’attend pas et qu’on ne peut pas deviner… et les séries ensuite adaptées de roman !

Car j’ai vu en cherchant les images pour cette chronique qu’une série allait voir le jour sur TF1 ! Ne passez pas à côté de cette découverte avant de voir son adaptation.

Si vous voulez découvrir ce roman, il est disponible en version ebook ou poche… il suffit de cliquer !

Nous les menteurs — E. Lockhart

Nous les menteurs, E. Lockhart, Editions Gallimard, format numérique et poche, avril 2018

Nous les menteurs est un coup de cœur.  Je le dis d’entrée. J’ai lu la première ligne et je n’ai pas pu décrocher de ce roman aux milles et une couleurs. J’ai lu dans le métro et en l’attendant, dans la rue, avant que les cours ne commencent, à la pause… Heureusement que le roman n’est pas trop long, sinon je n’aurais plus eu de vie !

Mais alors, de quoi ça parle ? J’ai peur de trop en dire, et le résumé évanescent est très évocateur. Des familles riches qui se donnent rendez-vous chaque année sur une île privée. Des enfants amis, un groupe de quatre : les Menteurs. Aux secrets bien cachés, aux mensonges intrahissables. Et pourtant, il y en a eu, des trahisons. L’été dernier, quelque chose s’est produit et les quatre n’arrivent plus à se regarder dans les yeux.

De l’amour. Des amitiés. Une plongée dans la psychologie de personnages plus attachants les uns que les autres. L’amour jeune, véritable, fou. Une plume, certes particulière, mais qui a su me charmer dès les premiers mots. C’est un livre de poème, c’est une longue litanie poétique, de jolis mots pétillants qui nous permettent de nous plonger dans une source profonde d’incompréhension.

Que. S’est. Il. Passé. L’Eté. Dernier.

L’amour triomphe-t-il toujours ?

Nous les menteurs est une petite pépite, une explosion de sensations dans laquelle il faut plonger sans réfléchir. Mêlant habilement Young Adult et Thriller, E. Lockhart nous dévoile les pans d’un mystère poignant, d’une famille dont on rêverait de faire partie… mais que sommes-nous prêts à faire pour l’obtenir ?

Certains pourront critiquer le fait que le roman soit court. D’autres trouveront le plotwist un peu « gros ». Moi j’ai succombé aux charmes de cette écriture fluide, et surtout, à cette histoire d’amour qui m’a fait rêver sur les berges d’une île paradisiaque. Âmes sensibles, s’abstenir : la vie n’est pas toujours belle, les relations finissent parfois dans les flammes, et c’est ce que « Nous les menteurs » va vous prouver.

Après tout, qui n’a jamais menti à l’amour de sa vie ?

 

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