Moh – Ewa RAU

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Black Ink Editions ( Octobre 2019) – format numérique

Avis de Valou

Je remercie les éditions Black Ink pour ce service presse.

Je suis ravie de retrouver la plume d’Ewa Rau que j’avais découverte avec son premier opus chez Black Ink, «Adé ». Cela avait été une très jolie découverte pour moi.

Le thème choisi par l’auteure est bien différent ici, et j’y suis particulièrement sensible. Je ne peux pas m’empêcher de penser à un de mes livres préférés est «  Mille Femmes Blanches » de Jim Fergus. Même si la trame n’a rien à voir avec celle de « Moh », j’avais adoré cette fresque où il était déjà question d’intégration du peuple Cheyenne au sein de la société puritaine américaine. Cela se passait en 1875…

L’action de « Moh » se passe de nos jours et pourtant la situation des réserves des natifs américains ne s’est guère améliorée, je dirai même qu’elle s’est complètement détériorée. Le programme N.A.I.F vise à inclure de jeunes natifs dans un cursus scolaire. POur Mohicane, jeune femme de 18 ans, c’est l’occasion d’échapper à la vie de la réserve Navajo, où elle vit avec son grand-père Big Bird et sa tante Sue.

Elle va pouvoir faire des études tout en étant accueillie au sein d’une famille américaine, les Wilson. Ted Wilson, le patriarche et ancien politicien, vit dans un ranch avec deux de ses trois fils : John et Camille. Il est veuf suite au terrible assassinat de son épouse. Moh va être rapidement intégrée à cette famille atypique, bercée par la bienveillance de John et la complicité naissante avec Camille. Elle va se lier d’amitié avec Eva, Guillermo et celui qu’on surnomme Microbe. Tous les trois travaillent au sein du ranch.

Une seule ombre plane sur ce tableau. L’absence de Lenny. L’autre fils, celui qui rien qu’à travers les photos qu’elle a pu découvrir de lui au sein du ranch, fait bouillir le sang de Moh. Lenny est en prison, il va bientôt rentrer au bercail…Le moins qu’on puisse dire c’est que la rencontre entre Lenny et Moh va les bouleverser, à jamais…

« De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas »…Certes, mais lorsqu’on lit l’attitude de Lenny, on se dit que certaines personnes ne sont faites que pour la haine et la destruction. Cet homme de trente ans est meurtri, blessé, marqué par la mort de sa mère, survenue alors qu’il n’était qu’un petit garçon. Son chagrin s’est transformé en haine, contre lui-même et surtout envers les natifs américains. Moh va devenir une sorte de souffre douleur, alors qu’il est profondément attirée par cette magnifique jeune femme. Lenny est capable du pire et baigne dans un amalgame effroyable. Moh va en faire les frais,mais va aussi panser les plaies de Lenny. 

« De la haine à l’amour, il n’y a qu’un pas »…C’est vrai. Moh est un sacré p’tit bout de femme. Si sage et si pure. Elle irradie de sa beauté, pas seulement physique, mais par la beauté de son cœur et son âme. Chaque personnage qui va croiser sa route va être touché par Moh, d’une manière ou d’une autre. Elle est si attachante, et ce dès le début de l’histoire. L’auteure a crée un personnage bouleversant. Elle a su nous faire lire, à travers les silences si chers à Moh, une histoire profondément belle.

J’ai aimé qu’au début de chaque chapitre, il y ait un proverbe qui illustre parfaitement le propos du chapitre à venir. Ces proverbes permettent aussi de comprendre la sagesse de Moh.

La romance entre Moh et Lenny est belle mais tourmentée. Sensuelle mais écorchée. Puissante mais dévastatrice. Une vraie dualité : la haine, l’amour, voyez par vous-même, il n’y a qu’un pas…

Moh a su m’embarquer dans sa quête d’un amour pur et éternel. Mon dieu ce qu’elle peut souffrir, à cause de Lenny. Mais elle saura lui pardonner. Peut-être trop facilement à mon goût, vous comprendrez pourquoi en lisant ce roman. Mais finalement en refermant la dernière page, même si mon p’tit cœur tout mou est sacrément meurtri,  je me suis dit qu’il ne pouvait pas en être autrement. Moh n’est pas une personne rancunière, elle n’a aucun ressentiment en elle, aucune pensée malsaine ou impure. Elle est la beauté incarnée, au sens propre comme au sens figuré. Elle a le pouvoir de rendre l’autre meilleur et elle va le prouver. C’est une vraie magicienne du Grand Esprit. (Comprendront celles qui ont lu le roman).

J’ai eu le sentiment au cours de ma lecture, que l’auteure ne nous disait pas tout sur cette histoire, qu’elle est une sorte de premier chapitre à une histoire plus grande encore. Je dois avouer que j’ai un sacré faible pour le si touchant personnage de Camille. Je me dis, que, peut-être (sûrement) Ewa Rau va nous préparer un spin-off sur ce personnage, qui mérite bien sa propre histoire. J’ai vraiment eu l’impression qu’Ewa a semé des petits cailloux, pour vite retrouver le chemin de cette histoire, via un autre biais.

« Il est la nuit quand je suis le jour. Noirceur contre clarté. Impulsif contre sagesse. Le tranchant d’une lame contre la caresse d’une plume. C’est indéniable, tout nous éloigne ».

Moh.

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Adé – Ewa Rau

Adé – Ewa Rau – Black Ink Editions – Version Numérique – sortie le 09/02/2018

Nous remercions les Editions Black Ink pour ce Service de Presse.

Quelle belle couverture, comme toujours chez Black Ink me direz-vous!! Certes, mais celle-ci est puissante je trouve: une réussite!

Qu’en est-il de l’histoire en tant que telle?

J’ai beaucoup aimé découvrir la plume d’Ewa Rau. Au départ, Adé se retrouve contrainte et forcée de partager l’appartement de Tony, à la demande de la mère de celui-ci. Adé sort d’une relation difficile et destructrice. Elle a besoin d’un nouveau départ. Entourée de ses 2 meilleures amies, Adé tente de se reconstruire. Mais Tony ne va pas lui faciliter la tâche. Le beau gosse aux yeux bleus piscine n’est pas des plus agréables, c’est le moins qu’on puisse dire! Froid, arrogant, détestable…et même mystérieux. Entre eux, c’est loin d’être au beau fixe…

La trame de la colocation n’est pas nouvelle dans la romance érotique. Néanmoins, j’ai été charmée par la plume de l’auteure. J’ai particulièrement aimé le personnage d’Adé. Cette brillante danseuse de hip-hop, amoureuse de la danse depuis ses 13 ans, m’a touchée. Elle a vécu le pire: au contact de Tony et toute sa bande, elle réapprend à vivre et à se laisser aller. Trop peut-être? 

Vous l’aurez compris la relation tendue du début entre Tony et Adé va évoluer. Amour naissant? SexFriend? Une chose est sûre, Adé n’est pas insensible à cet homme qui lui fait comprendre qu’un homme peut être doux avec elle…Mais Tony est tourmenté et sombre. Il refuse de ressentir quoique ce soit pour une femme. Il n’y a que son travail de Kiné, ses potes, sa mère et Mama, sa grand-mère de substitution, qui comptent. Même si Adé le trouble et le pousse dans ses retranchements, il ne veut pas éprouver, ne serait-ce que le début d’un sentiment amoureux. Pourtant il est attiré par elle. Irrémédiablement. Entre eux, c’est très chaud, érotique à souhait. Lorsqu’ils sont ensemble charnellement, ils ne font plus qu’un. Ces moments sont magiques pour Adé. Mais dès que la passion a été assouvie, Tony redevient froid et distant. Adé en est d’autant plus touchante, dans la profondeur des sentiments qu’elle ressent pour son coloc’, qu’elle a dans la peau… Rien n’y fait, elle ne peut lutter…

Les personnages secondaires apportent un plus à l’histoire. De la tendresse avec le personnage détonnant de Mama, et de l’humour avec Lisa et Steeve. Tous forment une famille unie, même si des déchirements font rage entre eux, ils essayent tous de s’épauler comme ils le peuvent. En cela, Adé s’est trouvée une seconde famille, forte et soutenante. J’ai aimé sa capacité à fédérer autour d’elle.

Cette histoire est une dark romance soft. Les sentiments, le passé troublé et douloureux des personnages principaux, rendent cette histoire sombre et dévastatrice. Jusqu’où aller par amour? Peut-il guérir les blessures les plus profondes du cœur? Peut-il y avoir un happy-end pour 2 âmes torturées qui savent aussi bien s’aimer que se déchirer?

Ce n’est pas un coup de cœur, car j’aurai aimé lire davantage le point de vue de Tony, pour comprendre son fonctionnement. Mais Découvrez cette belle histoire, addictive, qui m’a définitivement conquise!

A lire

Note 5

 

Adé une Dark romance bien écrite mais qui me laisse sur ma faim. C’est une lecture prenante, avec des thèmes forts dont certains manquent pour moi de profondeur, certains mots sont dits mais j’aurais aimé plus d’explications.

Le départ est un peu flou, on ne comprend pas trop pourquoi l’entourage proche, en l’occurrence les professeurs de danse de la jeune Adélaïde, dit Adé, veulent et lui imposent ces changements de vie et de logement avec ce « deal de colocation ». Puis, très vite, l’entrée en scène du colocataire forcé Anthony, intrigue. Je me suis donc laissée prendre par l’histoire car, la curieuse que je suis, voulait connaître la fin mais pas seulement. Je voulais savoir jusqu’où Adé serait prête à aller par amour, qu’est-ce qu’elle accepterait et supporterait encore.

Tout l’enjeu du livre est de savoir si Anthony va enfin s’aimer, accepter d’être aimé pour se laisser aller à ressentir l’amour pour une femme?

Au fil des pages, mon sentiment pour le personnage d’Anthony a évolué en passant par l’incompréhension, l’énervement, l’attendrissement, la peine, puis la colère car la « con**rd-attitude » de Tony et les pardons successifs d’Adé ont fini un peu par me lasser. On comprend qu’il mène un combat contre lui-même, mais on ne sait pas pourquoi il s’acharne à refuser tout sentiment.

J’ai été impressionnée par l’amour sans bornes qu’éprouve Adé pour cet homme torturé. Elle est complètement « vampirisée » par ses sentiments, cette attirance, jusqu’à en oublier qui elle est. Pour chaque beau moment partagé, il y a un mauvais retour, par des mots, des attitudes d’Anthony, qui engendre une blessure plus profonde à chaque fois. Certes, Adé tente de ne pas se laisser faire, certaines vengeances m’ont fait rire, d’ailleurs. Mais la passion dévorante, limite malfaisante qui unit Adé à Anthony, m’a laissée perplexe parfois. En revanche, j’admire ce qu’elle fait pour la mère du jeune homme.

Les personnages secondaires apportent du « peps » et de l’humour, c’est dommage que ce côté de la danseuse s’éteigne au cours du livre même si l’histoire explique ce changement.

Cette fin m’a frustrée j’aurais voulu plus ! Après toutes les souffrances endurées par la jeune femme, elle mériterait plus de belles paroles, de mots d’amour, de remerciements … C’est un peu trop facile !

Cette histoire ne vous laissera pas indifférente ! Même si, j’émets quelques réserves, qui me sont bien propres, cela n’enlève rien à la qualité d’écriture d’Ewa Rau. La passionnée de romance, même sombre, en veut toujours plus, c’est bien connu !

Laissez-vous tenter par ce duo aux deux facettes : noirceur et altruisme !

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