Le crâne de Malpasset – Nicolas-Raphaël Fouque

Le crane de Malpasset – Nicolas-Raphaël Fouque – Editions d’Avalon – Mars 2020 – 209 pages

Je tiens à remercier chaleureusement Nicolas-Raphaël Fouque ainsi que les éditions d’Avallon pour m’avoir permis de découvrir cette histoire.

 

Service presse un peu particulier car le « Crâne de Malpasset » est un préquel à « Une vieille affaire« . J’ai donc forcément retrouvé certains personnages déjà rencontrés dans la suite. Sachez par avance, que je vais comparer régulièrement les deux récits…

L’histoire est une multitude de ramifications sur un événement. Il n’en demeure pas moins que j’ai trouvé l’histoire de départ plus compliquée, moins simple que pour « Une vieille affaire ». 

J’ai également eu plus de mal à bien suivre le fil de l’histoire avec les nombreux retours en arrière qui concernaient les histoires de plusieurs protagonistes.

J’aurais apprécié avoir plus de dialogues, il y en avait peu. De par cette absence, j’ai ressenti un manque d’informations. Certes volontaire mais quelque peu frustrant et agaçant d’avoir les données au compte goutte, et souvent plus de questionnements que de réponses ayant pour effet de me retrouver prise dans un méli-mélo et créer des noeuds au cerveau

Néanmoins, très rapidement il y a eu de l’intrigue et cela a continué une bonne partie du livre. J’ai commencé à faire des suppositions sur qui était qui et pour quelle raison il faisait ça et… je me suis plantée lol. J’ai eu le choc d’une découverte que je ne peux clairement pas en dire plus, sinon je spoile l’histoire.

Je suis restée bien moins en mode WTF sur la fin que pour ”Une vieille affaire”.

Sur cette histoire, j’ai trouvé que ça tenait plus d’une fiction que la suite, que c’était moins osé, moins fourbe, moins pourri (même si on a encore trop de magouilles de la sphère des plus aisés).  

De manière générale, je dois dire que j’ai ressenti moins d’émotions pour ce récit. C’était raconté de manière factuelle, les choses étaient simplement relatées. 

Néanmoins, j’ai été touchée à deux reprises. La première, par la détresse d’un personnage  face à des accusations infondées mais sciemment dévoilées, qui auront pour conséquence de laisser le doute chez les gens. Et la seconde par le suspense et la petite peur qui commençait à tirailler mes entrailles.

Comme pour ”Une vieille affaire”, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de personnages, si bien que là aussi, la compréhension a été compliquée.

Il faut savoir, du moins, j’ai trouvé, que le récit ne tournait pas autour de Camille. Malgré tout, j’ai pu comprendre un peu mieux son comportement dans le livre suivant.

La plume de l’auteur est agréable et recherchée de par le champ lexical propre à l’histoire.

Bref, une histoire et une intrigue agréables qui m’ont un peu moins transportée qu’une vieille affaire.

Une Vieille Affaire – Nicolas-Raphaël FOUQUE

Une vieille affaire – Nicolas-Raphaël FOUQUE – Les éditions d’Avallon – 246 pages – Avril 2020

 

Je ne m’attendais pas du tout à écrire un avis comme ça en débutant ce livre. 

Bye bye la romance, le pays des bisounours, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Bye bye les connards arrogants super sexy. On est pas du tout dans ce genre.

Non, vous entrez dans la réalité, dans l’envers du décor, dans les dessous de ce qui régit un (notre) pays. Vérité, demi-vérité ou simple spéculation, dans tous les cas, il est peu probable qu’il vous laisse indifférent

Une vieille affaire est un polar avant tout. Pas de scènes explicites en soit, on nous laisse imaginer avec les flash-backs. Plusieurs thèmes sont abordés dans ce livre et quasiment tous gravitent autour de la politique, (la quête de pouvoir, l’argent, le sexe) ou ce qui en découle

La préface nous pose déjà le contexte de l’histoire avec une narration à la troisième personne du singulier.  Par la suite, durant la lecture, on retrouve énormément d‘allées et venues entre différentes situations et autant de personnages, dans un même chapitre mais se déroulant au même moment. A titre personnel, c’est l’une des rares fois où ce type de narration ne m’a pas gênée. C’était simplement relaté, factuel. Pas de suppositions sur le ressenti d’untel ou d’untel.

101528569_2681851035405321_9155157850136248320_nIl est difficile de vous parler des protagonistes tant il y en a ! La compréhension a vraiment été laborieuse au début. Comprendre qui était qui, en particulier dans le milieu politique, s’est révélé très compliqué. Même une fois terminé, je ne suis pas sûre de remettre chaque personnage à sa place. 

Ce livre est avant tout une enquête menée principalement par une journaliste, Camille, que l’on va suivre, mais pas seulement car au final, on ne la suit pas systématiquement. Elle a une personnalité intéressante et particulière mais pas suffisamment mise en avant à mon goût ce qui m’a empêché de mieux la cerner.

Il y a aussi pas mal d’indications de lieux précis dont je n’ai pas compris l’intérêt principal, mais peut-être est-ce propre au fait qu’on doit le lire comme un scénario de film.  J’ai mis longtemps à vraiment me plonger dedans. Jusqu’à la moitié, j’ai un peu subi la lecture, ne voyant pas trop les intérêts de telle ou telle chose. Quand enfin cela a commencé à bouger, je me suis vraiment prise au jeu. C’est devenu intéressant dès que les révélations sont apparues et que j’ai pu commencer à faire des recoupements, des suppositions, à suspecter des personnes et remettre en question l’enquête.

Je m’attendais à avoir peur mais ça n’a pas été le cas. Il n’y a pas de scènes qui m’ait fait retenir mon souffle, ou bien, flipper pour la personne qui était concernée, et c’est dommage. Bien que je ne sois pas la première à aimer me faire peur, je dois avouer que cela m’a un peu manqué. Il y a quand même eu un peu de suspense mais c’est réellement arrivé quand l’intrigue s’est mise en route et que les pièces du puzzle se sont formées.

Certains passages ne laisseront pas indifférents le lecteur.

Personnellement, j’ai ressenti une profonde injustice lors d’un flash-back associé à une incompréhension la plus totale. Des choses à vomir, tout bonnement révoltantes et répugnantes mais qui pourtant apportent, d’une certaine manière, des indices à l’enquête actuelle ainsi que des soupçons sur une personne.

101542462_2636136286706239_5734433195936448512_nLes sous-parties des chapitres sont coupées de façon à faire monter crescendo la pression, le suspense et ça a vraiment bien fonctionné sur la fin du livre. Je n’ai d’ailleurs pas vu le temps passer. J’ai apprécié la chronologie très claire et respectée, même si en soit, l’histoire se déroule sur 5 jours. 

La plume de l’auteur est agréable et fluide, les rebondissements s’enchaînent avec brio. On ne reste tranquille seulement quelques minutes tant les événements et les révélations s’enchaînent. La fin était réellement très intense, j’ai vraiment apprécié.

Je ne m’attendais absolument pas à un tel retournement. Les complots, plus nombreux les uns que les autres, se dévoilent tandis que certains masques tombent.

J’ai quelques questionnements qui demeurent en suspens. Il semblerait qu’il y ait un préquel à l’histoire. Ne l’ayant pas lu, il est possible que cela en soit la raison.

En résumé pour ce livre : si vous croyez que la politique et les hautes sphères de notre société regorgent d’hommes honnêtes et altruistes, et que vous souhaitez voir un envers du décor lisez-le. A contrario, si vous n’y croyez pas, lisez-le et confortez-vous. 

Dans les deux cas, “une vieille affaire” vaut vraiment le détour.

Juste un regard – Harlan Coben

Harlan Coben, Juste un regard, Editions Pocket 2006

C’est la première fois que je me lançais dans un Harlan Coben. J’étais au relay avant de partir en vacances, j’ai cherché rapidement sur Babelio le meilleur titre qu’ils avaient en stock. C’est tombé sur « Juste un regard » et bon sang… j’ai adoré l’expérience !

Je n’étais pas forcément convaincue par le pitch : Grace va faire développer des photographies et, dans le paquet, s’est glissé une photo un peu étrange… Son mari est là, avec des gens qu’elle ne connaît, et la plupart d’entre eux ont une croix sur le visage. Comme s’ils avaient été pris pour cible… Lorsqu’elle veut le confronter, son mari claque la porte, et s’en va.

Pour ne pas revenir.

Grace doit alors faire face à cette disparition mais elle ne restera pas les bras croisés. Son mari lui cache quelque chose, et elle va vouloir découvrir à tout prix quoi.

Ce que j’ai beaucoup aimé, et c’est un léger spoil mais qui pour moi est nécessaire à aborder, c’est le fait que Grace sait des choses qu’elle ne nous livre pas. L’auteur réussit le pari fou de nous embarquer dans une histoire du point de vue de cette femme aux innombrables secrets. Et si c’était elle qui avait plus à perdre dans toute cette histoire ?

J’adore les thrillers psychologiques qui prennent place dans un couple. C’est une manière pour l’auteur de nous immerger dans une romance un peu particulière, mêlant suspense, et remise en question du lecteur à tout instant. Que ferais-je, moi, si mon mari venait à me fuir de cette manière à cause de la photographie ?

De nombreuses questions se posent au fil de la lecture : qui est Grace ? Qui est son mari ? Qui a mis cette photographie dans l’enveloppe ? Sa meilleure amie, la seule à qui elle pensait pouvoir se fier ? La sœur de son mari, qui n’a jamais voulu la rencontrer ? Ou son mentor, un homme riche et puissant, qui a toujours tout fait pour la protéger depuis qu’elle est jeune femme ?

Petit trigger warning pour les personnes qui pourraient être sensibles : le livre évoque un attentat. Chacun sa sensibilité, je sais que beaucoup de lecteurs sont parfois touchés plus que d’autres quand on parle de ces sujets-là. Certains chapitres sont un peu glauques, tirant sur le gore, mais ça reste assez sobre malgré tout. Le roman alterne de nombreux points de vue, qui insufflent un dynamisme bien venu à la lecture.

Ce roman est fait pour vous si vous aimez : les thrillers psychologiques, les livres liés par l’action, les plotwists auxquels on ne s’attend pas et qu’on ne peut pas deviner… et les séries ensuite adaptées de roman !

Car j’ai vu en cherchant les images pour cette chronique qu’une série allait voir le jour sur TF1 ! Ne passez pas à côté de cette découverte avant de voir son adaptation.

Si vous voulez découvrir ce roman, il est disponible en version ebook ou poche… il suffit de cliquer !

Les Anges Gardiens – Kristina Ohlsson

Les Anges Gardiens de Kristina Ohlsson, publié aux Editions J’ai Lu, 539 pages, 2 juillet 2014

Comme d’habitude, je me suis fait avoir par le SP, c’était un troisième tome… mais comme pour la plupart des thrillers, ça n’a pas eu grande incidence : l’auteure a réussi le tour de force de me faire plonger dans son univers alors que je ne connaissais pas du tout les personnages. Je vous conseillerais donc de commencer par le premier tome… ou bien par celui-ci, qui est une tuerie !

Alors, de quoi ça parle… c’est toujours délicat d’expliquer ce genre de trame sans trop en dévoiler. Nous suivons l’histoire d’un capitaine de police, qui vient de perdre sa femme, et qui est appelé à la morgue pour un corps retrouvé dans les bois. Face au bout de femme encore intact, Alex n’a aucun doute. Il s’agit de Rebecca, une jeune femme qui a disparu des années plus tôt, et dont il était en charge de l’enquête. L’une de ses meilleures enquêtrices, Frederika, revient de congé maternité et décide de repasser l’enquête au peigne fin pour voir si quelque chose ne leur a pas échappé. Jusqu’à ce qu’elle tombe sur une preuve qui incrimine son mari… et qu’elle va décider de cacher.

J’ai adoré le récit à plusieurs voix.

En effet, il y a un flashback au début du roman mais nous ne savons pas de qui il vient, ensuite nous avons la trame « normale » avec l’enquête, et chaque chapitre est entrecoupé de passages du « futur », car quelqu’un de la brigade a merdé et a tué un des témoins pendant l’enquête. On cherche alors plus choses en parallèle : à qui appartient le flashback au début ? Qui a tué Rebecca ? Qui a tué le témoin, et quel témoin ? Frederika va-t-elle continuer à protéger son mari ? Est-il coupable ?

L’enquête est incroyablement bien menée.

De nombreux fils s’entremêlent : en effet, Rebecca serait proche d’un magnat de l’immobilier… qui aurait fait partie d’un groupe appréciant la littérature et les… snuff movies ? Mais ces snuff movies étaient-ils mis en scène ou étaient-ils réels ? Une fois le cadavre de Rebecca déterré, c’est un deuxième qui fait son apparition, puis un troisième… et on déterre alors un caveau. Qui est responsable de tous ces morts ? Une seule et unique personne ?

Les personnages de l’auteure sont vraiment très bien développés.

Je me suis prise d’affection pour chacun d’entre eux, avec leurs défauts et leurs qualités. En tant que grande romantique je n’a pu que succomber à l’amour d’Alex pour sa femme défunte.

J’ai trouvé sa plume aiguisée, sa trame époustouflante. Seul petit bémol : une légère déception sur la fin, que j’aurais aimé plus tordue au vu de la trame servie durant tout le roman.

J’ai surtout adoré car à chaque chapitre on change de coupable. « Non, c’est lui ! Non, lui ! » Et pourtant, tout reste absolument cohérent. Je dois même avouer qu’après avoir terminé le roman j’ai encore eu quelques nœuds au cerveau et j’adore les romans qui me challengent.

En bref, une superbe découverte.

Je réitérerai avec cette auteure, qui a vraiment un chouette coup de plume pour le thriller. Je n’ai pas réussi à lâcher le roman !

 

Merci aux Editions J’ai Lu pour ce service presse ! ♥

    

 

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Sauvez-moi — Jacques Expert

Sauvez-moi, Jacques Expert, Livre de Poche (27 mars 2019), 448 pages, format numérique et poche

A la lecture de « Sauvez-moi » de Jacques Expert, j’en suis venue à me demander ce que j’attendais vraiment d’un thriller, et surtout, comment ces attentes avaient évolué au fil des lectures. Au travers de ce « polar » (ou thriller ? je ne sais plus vraiment), j’ai découvert qu’il me fallait toujours plus : toujours plus mystérieux, toujours plus surprenant, toujours plus rapide à dévorer. Et je suis restée très perplexe et circonspecte face à ce roman…

Alors oui, Jacques Expert est un spécialiste dans son domaine. Son écriture est fluide, précise, et son thème bien géré. Toutefois je n’ai pas été embarquée par l’histoire. Les personnages sont loin d’être manichéens, et si je trouve qu’il s’agit d’une qualité d’habitude, je n’ai malheureusement pas pu apprécier un seul personnage de ce roman…

Loin de moi l’idée d’extrapoler les volontés de l’auteur, mais j’ai eu l’impression qu’il critiquait, au travers d’un cynisme vicieux, les rouages mal huilés de notre justice et de notre police actuelle.

Mais en dehors de ça…

Pour parler un peu plus concrètement : nous suivons l’histoire d’une divisionnaire de police, qui obtient des aveux de Nicolas Thomas, accusé d’avoir tué quatre femmes. Grâce à ces aveux, Sophie voit sa carrière propulsée au sommet… sauf que Nicolas Thomas finit par sortir de prison. Et qu’un nouveau meurtre a lieu… Sophie va alors tout mettre en oeuvre pour le ramener en prison, à nouveau.

A cette histoire vient se mêler une autre enquête, d’un « petit violeur sans importance », même si les deux histoires s’entremêlent maladroitement. Je n’ai pas grand-chose à dire de plus sur ce roman qui m’a laissée extrêmement perplexe… je m’attendais à un plotwist, tout le long, ce qui a rendu la lecture douce-amère, surtout à la fin, avec une impression de « tout ça pour ça ? ». Pourtant j’ai adoré la plongée dans la réalité du terrain….

Je conseillerais ce roman à ceux qui cherchent des romans plus calmes, moins page-turner, mais qui sont basés sur des faits « réels ». Je cherche peut-être trop le sensationnalisme. 

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La souffrance des autres — Val McDermid

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en me plongeant dans l’univers de McDermid. Et punaise, je n’ai pas été déçue ! Nous suivons les aventures d’une jeune inspectrice, dont un viol sur une précédente affaire l’a brisée. Cherchant à retrouver pied dans un monde qui semble se détruire à mesure qu’elle avance, elle accepte de reprendre un poste au sein de la police, auprès d’un psychanalyste de renom, qu’elle apprécie plus qu’amicalement…

Vous aimez les polars et les différents points de vue ? Les personnages avec du caractère, qui n’ont pas froid aux yeux et qui se débattent au milieu de leurs sentiments respectifs ? La souffrance des autres est fait pour vous. J’ai adoré chacun des personnages, à leur manière. La brigade est vraiment bien décrite et chacun a sa petite heure de gloire au fil de l’écriture. Ecriture qui n’a certes rien de particulier, mais qui vous entraîne dans une psychologie tortueuse sans oublier de mettre l’accent sur l’action. C’est un polar, oui, mais teinté d’une touche de thriller qui m’a beaucoup plu !

Je dois dire que j’ai été un peu déçue par le dénouement de l’histoire, même si je l’ai trouvé novateur et bien amené. J’aurais peut-être préféré quelque chose de plus terre à terre, mais je suis très souvent déçue par les fins de romans, donc… Par contre, l’idée d’emmêler plusieurs enquêtes policières au fil du livre pour ne laisser aucun temps mort est une idée que j’adore et je valide. Je n’ai pas pu lâcher la Souffrance des Autres pendant une minute, et pourtant, c’est un bon pavé.

J’ai été heureuse de pouvoir enfin me perdre dans la lecture, alors que j’avais un peu de mal à retrouver cette flamme sur mes dernières lectures.

La personnage principale est forte et j’ai adoré sa psychologie. Encore plus quand les sentiments amoureux qu’elle a pour Tony viennent se mêler à la trame principale… j’aime quand l’amour guide les hommes, qu’il est leur repère dans la nuit. Je ne dirai rien sur leur dénouement personnel, mais j’ai adoré voir ce petit bout de romance s’imposer dans le récit. Et Tony est juste parfait ! ♥

Merci beaucoup aux éditions J’ai Lu pour ce service presse. 

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L’homme craie — C.J. Tudor

L’homme craie, C.J. Tudor, Editions J’ai Lu, format numérique et poche, avril 2019

L’homme craie est une lecture particulièrement atypique qui vaut le détour. Nous commençons l’histoire du point de vue du protagoniste, Ed Adams, un jeune garçon de douze ans ayant une bande de potes comme nous en avons tous. Rapidement, nous allons alterner les chapitres en 1986, lors de sa jeunesse, et en 2016, alors qu’il a trente ans. Et pour cause : un évènement de son passé — voire plusieurs — vont revenir chambouler son présent, mettant la pagaille dans la petite ville dans laquelle il réside.

Je n’ai jamais caché mon amour fou pour les changements de temporalité dans un roman et ça fonctionne comme toujours :

Je trouve le personnage extrêmement bien façonné, la plume est fluide, poétique à certains moments, plus tranchée et gore à d’autres.

Si je ne me suis pas du tout attachée au personnage masculin, au moins ai-je apprécié cette petite virée dans son esprit…

De manière étonnante, ce sont les personnages secondaires que j’ai trouvé les plus fouillés. Je me suis beaucoup attachée aux filles de ce roman, toutes fortes et inspirantes. Toutefois, un petit bémol qui m’a presque coupée dans la lecture… le début est terriblement long ! Le côté thriller n’intervient qu’après la page 200, et certes, si une fois le train lancé, j’étais incapable de lâcher le bouquin, encore faut-il avoir la patience d’attendre jusque-là…

Il est difficile pour moi de parler de la trame de ce roman tant l’intrigue est psychologique et imbriquée. En gros, nous allons découvrir le cadavre d’une jeune femme dans les bois, et Ed Adams va se demander tout du long qui a fait le coup. Son professeur de français, qui aime un peu trop les jeunes filles ? Le révérend de la ville, qui aime un peu trop battre sa gamine ? Son propre père, qui semble perdre un peu plus la tête à mesure que les années passent ? L’un de ses copains, devenu un peu trop virulent ? Les soupçons s’égrènent sans cesse, nous faisant passer d’un suspect à l’autre. Et le dénouement est pour le moins… inattendu. Presque un peu tiré par les cheveux, mais ça reste correct. J’ai beaucoup aimé les derniers chapitres, où l’on voit les nœuds de l’intrigue se dénouer petit à petit.

C’est comme boire de l’eau après une très longue randonnée éreintante.

L’homme craie est une lecture atypique, qui m’a plu par bien des aspects mais dont les petits défauts m’ont vraiment empêchée d’y voir un coup de cœur. Vous en avez marre des intrigues de thriller qui se ressemblent toutes ? L’homme craie saura à coup sûr vous surprendre…

Je remercie chaleureusement les éditions J’ai Lu pour ce service presse.

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Sous ses yeux — Ross Armstrong

Sous ses yeux, Ross Armstrong, Editions Pocket, août 2017, format broché et numérique

Je suis tombée par hasard sur Sous ses yeux de Ross Armstrong dans une petite librairie parisienne. Publié en Pocket, avec un résumé assez alléchant, je me suis jetée dessus en espérant tomber sur une petite pépite… et malheureusement, je suis tombée de haut !

On suit donc l’histoire d’une jeune femme qui s’ennuie dans sa vie de couple et dans son emploi. Armée d’une paire de jumelles, elle épie le comportement de ses voisins, un hobby qui n’a que peu d’intérêt… jusqu’à ce que l’une de ses voisines soit retrouvée morte.

Lily se met donc en chasse, à la recherche du coupable.

La plume de l’auteur est… très très très particulière. J’ai été enchantée de tomber sur un nouveau style au début mais je me suis vite lassée. Tout est une question de non-dits, de réalité ou de rêves… On ne sait jamais vraiment si ce qui se produit est réel ou non, si la protagoniste est saine d’esprit ou non.

Les « plotwists » sont visibles à mille kilomètres à l’avance. D’ailleurs, j’en avais deviné deux dès les 50 premières pages, ce qui est plutôt désagréable quand on parle d’enquête… car oui, le coupable est évident.

J’ai souvent passé des passages car je voulais vraiment connaître la fin mais je n’accrochais pas à la plume, pas à l’intrigue… et pas plus à la personnage principale, que j’avais envie de frapper tous les quatre matins. Elle se comporte de manière hyper curieuse, a des réactions que je trouve illogiques… enfin bref, je n’ai pas accroché.

Pourquoi avoir mis la moyenne malgré tout ? Parce que la plume de l’auteur instaure un suspense qui fonctionne malgré tout. Le côté thriller est bien présent, on a qu’une envie, dévorer les pages. Alors voilà : je suis restée sur le bas-côté pour ce roman là, mais peut-être que vous, il saura vous séduire…

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Complot — Nicolas Beuglet

Complot, Nicolas Beuglet ~ XO Editions, 16 mai 2018 ~ 496 pages ~ Format numérique et broché

 

Complot de Nicolas Beuglet est le genre de livre qui ne vous laisse pas de marbre. Que vous aimiez ou non, tout dans ce thriller suscite les émotions. Grande fane de son premier opus, « Le Cri » devenu best-seller et plébiscité comme « nouvelle voix du polar », c’est avec beaucoup d’impatience et d’hésitation aussi, que je me suis lancée dans la lecture de ce roman qui a pris trois ans d’écriture à son auteur. Pour au final…

Me prendre une claque monumentale !

Il prend un malin plaisir à prendre parti dans la lutte devenue quotidienne du sexisme, et c’est avec beaucoup d’étonnement que j’ai fait ce constat : Le Complot est féministe. Oui ! Un thriller de la même veine que Da Vinci Code – encore que la plume est bien différente – qui nous emmène loin sur les traces de l’Histoire, dans les racines même du « patriarcat ». Alors ça a l’air pompeux dit comme ça, mais rassurez-vous, Beuglet fait bien son travail. Je m’explique…

Nous retrouvons Sarah Geringen (qui n’est pas sans nous rappeler l’héroïne de la très bonne série The Killing) pour résoudre une enquête plus qu’étrange : la Première Ministre de Norvège est assassinée dans sa maison. Qui a fait le coup ? Pourquoi ? Sans aller trop loin dans le dévoilement de l’intrigue, Sarah se met à suivre les traces d’une sorte de secte, démêlant les différentes lectures de la Bible.

Ce livre nous fait voyager, non seulement dans le temps mais aussi autour du monde. C’est une habitude que Beuglet avait déjà avec le Cri qui se déroule lui aussi dans différents pays. Complot est un récit haletant, qui ne se pose pas une seule seconde et ne nous laisse pas reprendre notre souffle :

entre révélations extrêmement bien documentées, scènes d’action sous adrénaline et sans oublier scènes de romance bien amenées au fil du récit… C’est simple, je n’ai pas décroché.

Petite mention au couple qui se développe entre le « tome un » et le « tome deux » (même s’ils peuvent être lus séparément) et que je trouve super attachant. Ajouter un peu de romance au milieu du scénario d’enquête est une véritable valeur ajoutée à mon sens : elle donne envie de connaître les personnages et surtout, de les voir survivre. Car oui, tous les personnages risquent leur peau dans ce bouquin !

Mais il y a toujours un mais… Ce livre est tellement culotté qu’il en devient presque parfois « trop ». Alors certes, j’ai totalement accroché, et ce discours « novateur » m’a séduite, mais on sent la volonté de l’auteur derrière certains ressorts scénaristiques qui peuvent parfois lui nuire. Sa plume, bien plus ciselée sur son premier livre, est devenue un peu plus « facile », avec un vocabulaire moins soutenu et une recherche moins présente. Pour autant, quand on voit le travail réalisé sur les informations qu’il véhicule dans son livre… Je ne lui en veux pas.

Alors voilà : pour entrer dans ce livre il faut prendre une grande inspiration et laisser de côté tout ce que l’on croit savoir. De manière étonnante, je pense qu’il s’agit d’un livre particulièrement difficile à lire pour les hommes… Pourquoi… ? Je vous laisse le découvrir !

 

                                                     

 

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