Le Jardin des Papillons – Dot Hutchison

J’adore les thrillers psychologiques. Et j’adore aussi les dark romances. Et aussi étrange que cela puisse paraître, je trouve que ce roman frôle la limite. Je ne saurais pas vraiment où le classer, si ce n’est dans ce genre de cases « sombres » et « obscures » que j’aime tant.

Nous faisons la rencontre de Maya, que le FBI a sorti d’une serre où elle a été kidnappée, des années plus tôt. Tatouée par son kidnappeur sur le dos, comme toutes les autres filles qui l’accompagnent, nous allons passer tout le roman dans une salle d’interrogatoire, alors que les agents essayent de comprendre qui elles sont et comment elles ont réussi à s’échapper. Elles sont nombreuses. Elles ont été traumatisées par cette captivité. Mais Maya n’a rien d’une petite chose fragile : est-elle du côté des gentils ? Est-elle un pion du « Jardinier », comme elle surnomme son ravisseur ?

C’est l’objectif du roman : nous faire comprendre comment elles ont été kidnappées, ce qui s’est produit dans cet immense jardin peuplé de Papillons humains. Pour ma part, malgré l’étrangeté du récit, j’ai beaucoup aimé ma lecture. L’écriture est belle, tantôt poétique, tantôt chirurgicale. J’ai aimé la dynamique du roman : Maya nous livre le récit effrayant de ses années d’enfer au cœur du jardin.

Par son histoire, nous allons rencontrer de nouveaux personnages secondaires, tous plus hauts en couleur les uns que les autres. J’ai beaucoup aimé cette facilité de l’auteur à nous faire plonger dans son monde et à nous faire rencontrer tant de gens. Moi qui pensais que le récit serait très statique, il joue habilement de différentes temporalités et du dialogue pour ne pas nous ennuyer.

Il n’y a pas vraiment de plotwists, et c’est peut-être ce qui m’a déçue. Certaines longueurs auraient pu être écourtées. Cela reste néanmoins un bon roman, qui m’a fait découvrir qu’on pouvait jouer avec les codes sans pour autant perdre le lecteur. Car Maya va entretenir une relation « amoureuse » avec un homme lors de sa captivité et j’ai beaucoup aimé découvrir ce pan là de l’histoire (mon côté romantique je pense). A aucun moment l’auteur ne tombe dans le « too much ». J’ai même réussi à apprécier le Jardinier, ce que je ne pensais pas possible… il n’est peut-être pas le réel antagoniste que l’on croit. 😉

Laisser le doute planer quant à l’implication de Maya est un réel plus du roman. Qui est-elle ? Pourquoi semble-t-elle si sûre d’elle ? Raconte-t-elle la vérité ?

Je vous laisserai tirer vos propres conclusions…

Je remercie City Editions pour ce service presse que j’ai beaucoup apprécié ! Si quelqu’un se laisse tenter par le roman, j’aimerais beaucoup en discuter parce que les dernières lignes m’ont laissé pleins de questions dans la tête !

Les Yeux Bleus – Sébastien Didier

Les Yeux Bleus – Sébastien Didier – 02 juillet 2020 – 459 pages – Hugo Thriller

J’avais adoré à l’époque, Je ne t’oublie pas, le premier thriller psychologique de Sébastien Didier. Il revient cette année avec Les Yeux Bleus qui réussit haut la main à me convaincre alors que je commence à saturer des thrillers qui se ressemblent tous.

Le pitch de départ est simple : Anthony perd du regard son petit garçon l’espace d’une seconde dans leur jardin pavillonnaire. Quand il se rend compte que Maxime n’est plus là, c’est la panique. A-t-il été enlevé ? Est-il blessé quelque part ? Qui en voudrait à sa famille, lui qui est vierge de tout reproches ?

On va alors suivre les déboires d’Anthony avec la police mais pas seulement. L’intrigue est bien plus complexe qu’elle n’y paraît. Des points de vue du passé d’un inspecteur vont s’entremêler avec la trame du présent pour que le lecteur ait une vue plus large de cette histoire, qui prend ses racines des années plus tôt, en réalité. Anthony n’est pas n’importe qui : il est le gendre de Claude Cerutti, un homme puissant, respecté, qui a vécu une tragédie lors de sa jeunesse. Tout semble indiquer que la disparition de son petit-fils est lié à une nuit de l’époque, où un massacre a eu lieu.

Je n’en dis pas plus pour spoiler mais Sébastien Didier est un bon conteur : il arrive habilement à faire avancer l’histoire tout en imbriquant des histoires de famille profondes et puissantes. J’ai adoré les Cerutti, et j’ai un coup de cœur à chaque fois pour ses personnages masculins. Forts, mais avec des faiblesses. Forts, mais capable d’amour, de tendresse, de dévouement. J’ai adoré autant Jacques Belleville (le vieil inspecteur), que Claude Cerutti (un homme puissant mais qui a toujours tout fait pour protéger sa famille), Anthony Delcourt (qui fait ce qu’il peut pour retrouver son fils) mais aussi Jo Bouscat, l’homme de main de Claude Cerutti, un homme fidèle, bourré de valeurs et qui n’hésite pas une seconde à tout faire pour retrouver Maxime.

Petite mention aussi au titre, qui pour une fois a un réel sens. D’habitude les thrillers se contentent de noms génériques qui attirent l’attention. Mais ici, il a vraiment son importance. Et si tout était uniquement lié aux yeux bleus ?

J’aime aussi beaucoup sa capacité à mettre une course contre la morte au cœur de ses romans. Le tic-tac incessant du temps qui passe rythme la lecture, les chapitres s’enchaînent sans qu’on ne voit le temps passer. C’est un réel succès pour moi que ce roman. Je n’ai qu’une hâte : lire son prochain.

Mensonge – JP Delanney

Mensonge – JP Delanney – Fayard/Mazzarine – 18 septembre 2019

J’ai adoré le premier roman de JP Delanney « La Fille d’Avant » (vous pouvez retrouver notre chronique en cliquant ici) et c’était avec plaisir que je retrouvais sa plume dans « Mensonge ». Et quel roman ! J’adore me faire mener par le bout du nez et c’est avec plaisir que j’ai laissé faire l’auteur.

Nous avons affaire à un thriller psychologique (oui, mon péché mignon) avec à nouveau, une romance entremêlée dans les arcs policiers. Nous suivons Claire, une étudiante en arts dramatiques qui, pour plusieurs raisons un peu longues et pas forcément intéressantes (on va dire pécuniaires), se retrouve à flirter avec des hommes mariés suspectés d’infidélité pour un cabinet d’avocats spécialisé dans les divorces. Bien sûr, elle rêverait de jouer d’autres scénarios… Jusqu’au jour où l’une de ses « proies » comme elle les appelle, est soupçonnée de meurtre.

La police va donc demander à Claire de jouer de ses talents pour piéger cet homme. Seul problème ? Il s’agit d’un universitaire élégant, gentleman, qui possède un profond sens artistique et une part trouble, sombre, qui charme Claire. Qui ment, dans cette histoire ? Est-il honnête ? Et elle, l’est-elle à mesure qu’elle tombe amoureuse de lui, qu’ils bâtissent une relation, qu’ils se confient l’un à l’autre ?

Claire est persuadée de faire de la figuration, sauf qu’elle commence à tomber dans son propre piège : elle devient le premier rôle.

Ce roman est un casse-tête absolument divin et génial. Il y a des rebondissements à chaque chapitre, on plonge à chaque fois plus profondément dans la psychologie humaine. J’ai eu peur, vers le dernier tiers, que l’auteur se perde dans des explications incohérentes et futiles mais les derniers plotwists de fin sont juste magistraux. Alors oui, il faut accepter de se laisser porter. Il faut accepter de laisser la magie opérer, mais c’est un réel coup de cœur que j’ai eu pour ce livre.

Diabolique, qui vous fait croire tout et son contraire. Je suis passée par tous les sentiments envers nos héros : j’ai même commencé à m’attacher à cet homme sombre, accusé de meurtre. A-t-il vraiment tué ? Est-on fondamentalement mauvais lorsqu’on commet ce genre de crime ? C’est un roman qui m’a beaucoup questionnée sur la nature humaine mais aussi sur la façon que nous avons de raconter les histoires. Après tout, selon d’où on se place… toute histoire a des facettes différentes.

Vous aimez perdre la tête ? Vous aimez quand ça touche un peu à la romance, à l’amour, et jusqu’où nous serions prêts à aller pour lui ? Vous aimez les thrillers, les rebondissements haletants ? Ce roman est fait pour vous.

Je ne peux pas trop en dire de peur de spoiler car vraiment tout est calculé. Je préfère ne rien vous dire si ce n’est : plongez, appréciez, découvrez. Lisez.

Sept Mensonges – Elizabeth Kay

Sept Mensonges – Elizabeth Kay – 11 juin 2020 – Robert Laffont

Je ne vais pas mentir, j’ai d’abord été attirée par la mise en page si particulière du roman. Si vous n’avez pas encore découvert comment est imprimé Sept Mensonges, je vous conseille d’aller tout de suite jeter un oeil, parce que le roman est juste magnifique.

On va suivre l’histoire de Jane, meilleure amie de Marnie, qui va proférer sept mensonges qui vont les plonger en enfer. Le roman est donc découpé en « sept parties » qui sont visibles rien que sur la tranche du roman. Quand on ouvre le roman : on ne sait pas de quel enfer elle parle, ni quels seront les mensonges.

Nous avons affaire à un thriller psychologique saupoudré de romance. Exactement ma came, donc. L’écriture est belle, fluide, poétique, elle m’a prise par la main pour me guider dans la psychologie tordue de l’héroïne et c’est pour moi le gros point fort du roman : la plume.

J’ai adoré le fait que l’héroïne elle-même pouvait nous mentir. Après tout, elle ment tellement tout le temps… peut-être que tout le roman n’est qu’un vaste mensonge.

Les autres personnages ne m’ont pas touchée, si ce n’est Marnie, sa meilleure amie, solaire, amoureuse, profondément amoureuse d’un homme que sa meilleure amie déteste. Elle le croit vicieux, pas assez « bien » pour celle qu’elle aime plus que tout au monde. Alors, Jane va mettre en place un plan pour se débarrasser de cet homme qui veut épouser Marnie. Pourquoi Jane agit-elle comme ça ? Par pur esprit de protection ? Parce qu’elle a toujours été amoureuse de Marnie sans se l’avouer ? Parce qu’elle ne voulait pas finir seule ?

Nous plongeons dans une psyché complexe, tortueuse, qui nous fait nous questionner sur ce que nous ferions, nous, si nous étions à sa place. Au fil du roman, j’ai élaboré de nombreuses hypothèses, qui ont invariablement fini par se détricoter.

Conclusion : j’ai adoré ce roman ! Ça sort des sentiers battus, la plume est sublime, les deux protagonistes principaux (j’élude les autres parce qu’ils ne sont là que pour tirer les ficelles du scénario, ils n’ont que peu d’intérêt) m’ont vraiment transportée. Pourquoi pas un coup de cœur ? Il y a quelques longueurs contemplatives qui moi, ne m’ont pas dérangée, mais qui cause un certain déséquilibre dans le roman. J’aurais aimé peut-être un peu plus de dynamisme au milieu.

Le crâne de Malpasset – Nicolas-Raphaël Fouque

Le crane de Malpasset – Nicolas-Raphaël Fouque – Editions d’Avalon – Mars 2020 – 209 pages

Je tiens à remercier chaleureusement Nicolas-Raphaël Fouque ainsi que les éditions d’Avallon pour m’avoir permis de découvrir cette histoire.

 

Service presse un peu particulier car le « Crâne de Malpasset » est un préquel à « Une vieille affaire« . J’ai donc forcément retrouvé certains personnages déjà rencontrés dans la suite. Sachez par avance, que je vais comparer régulièrement les deux récits…

L’histoire est une multitude de ramifications sur un événement. Il n’en demeure pas moins que j’ai trouvé l’histoire de départ plus compliquée, moins simple que pour « Une vieille affaire ». 

J’ai également eu plus de mal à bien suivre le fil de l’histoire avec les nombreux retours en arrière qui concernaient les histoires de plusieurs protagonistes.

J’aurais apprécié avoir plus de dialogues, il y en avait peu. De par cette absence, j’ai ressenti un manque d’informations. Certes volontaire mais quelque peu frustrant et agaçant d’avoir les données au compte goutte, et souvent plus de questionnements que de réponses ayant pour effet de me retrouver prise dans un méli-mélo et créer des noeuds au cerveau

Néanmoins, très rapidement il y a eu de l’intrigue et cela a continué une bonne partie du livre. J’ai commencé à faire des suppositions sur qui était qui et pour quelle raison il faisait ça et… je me suis plantée lol. J’ai eu le choc d’une découverte que je ne peux clairement pas en dire plus, sinon je spoile l’histoire.

Je suis restée bien moins en mode WTF sur la fin que pour ”Une vieille affaire”.

Sur cette histoire, j’ai trouvé que ça tenait plus d’une fiction que la suite, que c’était moins osé, moins fourbe, moins pourri (même si on a encore trop de magouilles de la sphère des plus aisés).  

De manière générale, je dois dire que j’ai ressenti moins d’émotions pour ce récit. C’était raconté de manière factuelle, les choses étaient simplement relatées. 

Néanmoins, j’ai été touchée à deux reprises. La première, par la détresse d’un personnage  face à des accusations infondées mais sciemment dévoilées, qui auront pour conséquence de laisser le doute chez les gens. Et la seconde par le suspense et la petite peur qui commençait à tirailler mes entrailles.

Comme pour ”Une vieille affaire”, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de personnages, si bien que là aussi, la compréhension a été compliquée.

Il faut savoir, du moins, j’ai trouvé, que le récit ne tournait pas autour de Camille. Malgré tout, j’ai pu comprendre un peu mieux son comportement dans le livre suivant.

La plume de l’auteur est agréable et recherchée de par le champ lexical propre à l’histoire.

Bref, une histoire et une intrigue agréables qui m’ont un peu moins transportée qu’une vieille affaire.

Inspectrice Livia Lone, Tomes 1 et 2 : Barry Eisler

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*Je remercie Amazon Publishing pour ce SP*

Avant de débuter mon avis, un petit reproche, il aurait été bien de préciser sur la couverture que c’était le tome 2 d’une série. Je l’ai su en cherchant le résumé pour poster ma lecture en cours sur Instagram et c’est un peu chiant, car il a fallu lire le tome 1 avant celui-ci, mais bon, je ne regrette pas, car ce fut un coup de cœur. Je verrai au fur et à mesure, mais à mon avis cet avis va regrouper les tomes 1 et 2.

Quand j’ai débuté le premier tome de Livia Lone, je m’attendais au thriller, on va dire « classique » avec une enquête policière plus ou moins banal, menée par une enquêtrice tout à fait ordinaire et tout le tintouin.

Grossière mais grossière erreur. Ce n’est pas qu’un simple thriller, ni même une enquête policière. Non-non, non ces 2 tomes de « L’inspectrice Livia Lone«  sont des ovnis, c’est beaucoup plus profond que ça. C’est une aventure dans l’horreur, le tome 1 m’a rendu malade tant ce fut effroyable, répugnant et épouvantable. Rien que d’y penser, j’ai encore envie de vomir, frapper et tuer.

C’était HORRIBLE.

Livia Lone n’est pas qu’une simple enquêtrice, c’est une survivante, une vraie force de la nature, une guerrière, une combattante hors pair, une amazone et qui cache un côté sombre qui m’a fait peur plus d’une fois * je ne vous dis pas le nombre de fois où j’ai eu envie de prier pour son âme. * je suis en admiration devant cette femme, qui après tout ce qu’elle a traversé, a eu la force de se relever et de poursuivre le but qu’elle s’est fixée. Retrouver sa sœur dans le tome 1, et par la suite, celle de retrouver toutes les personnes impliquées dans leur enlèvement dans le tome 2.

Des enquêtes et une intrigue policière qui ne vont pas nous laisser indemnes.

Sérieux, j’ai eu l’impression d’avoir laissé une partie de mon âme dans ces 2 romans. Dans le premier tome, nous ferons des allers-retours entre le passé et le présent pour comprendre qui est notre héroïne. D’ailleurs nous serons plus dans le passé que le présent et à force cela peut être un peu relou, car on aimerait aussi avancer dans le présent.

Cependant, c’est un premier tome qui nous sert de base et le passé de Livia est très important pour la suite de l’histoire. Dans le second tome, on sera uniquement dans le présent et nous ferons la rencontre de Dox, un agent très spécial dont Livia fera la connaissance et qui va l’aider à boucler cette enquête qui lui tien tant à cœur.

Dox est un personnage que vous allez adorer découvrir, très doué dans son job de mercenaire, c’est aussi un beau garçon, intelligent et avec beaucoup d’humour. En plus d’aider Livia dans sa recherche des criminelles de son passé, il fera aussi beaucoup de bien à la jeune femme. À son contact, nous allons découvrir une autre Livia, plus souriante, ouverte et qui va se laisser vivre. Des facettes que j’ai aimées voir sur notre héroïne qui mérite enfin d’avoir la paix.

Avec une écriture, fluide, captivante et addictive Barry Eisler nous plonge avec Brio dans un univers et un thème que j’ai trouvé très dur.

Malheureusement, ces 2 livre ne sont pas fait pour tout le monde, surtout le premier tome. Je dirai même que les âmes sensibles doivent s’en éloigner même si elles risquent de passer à côté de vraies pépites. Car malgré l’horreur et mes envies de meurtres, j’ai adoré ces 2 tomes et j’attends la suite avec impatience. Le travail psychologique effectué sur Livia est juste énorme et je ne vous parle même pas du reste.

Vous n’allez pas en sortir indemne, mais c’est un gros kiff.  

Note 5Coup de Coeur

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Une Vieille Affaire – Nicolas-Raphaël FOUQUE

Une vieille affaire – Nicolas-Raphaël FOUQUE – Les éditions d’Avallon – 246 pages – Avril 2020

 

Je ne m’attendais pas du tout à écrire un avis comme ça en débutant ce livre. 

Bye bye la romance, le pays des bisounours, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Bye bye les connards arrogants super sexy. On est pas du tout dans ce genre.

Non, vous entrez dans la réalité, dans l’envers du décor, dans les dessous de ce qui régit un (notre) pays. Vérité, demi-vérité ou simple spéculation, dans tous les cas, il est peu probable qu’il vous laisse indifférent

Une vieille affaire est un polar avant tout. Pas de scènes explicites en soit, on nous laisse imaginer avec les flash-backs. Plusieurs thèmes sont abordés dans ce livre et quasiment tous gravitent autour de la politique, (la quête de pouvoir, l’argent, le sexe) ou ce qui en découle

La préface nous pose déjà le contexte de l’histoire avec une narration à la troisième personne du singulier.  Par la suite, durant la lecture, on retrouve énormément d‘allées et venues entre différentes situations et autant de personnages, dans un même chapitre mais se déroulant au même moment. A titre personnel, c’est l’une des rares fois où ce type de narration ne m’a pas gênée. C’était simplement relaté, factuel. Pas de suppositions sur le ressenti d’untel ou d’untel.

101528569_2681851035405321_9155157850136248320_nIl est difficile de vous parler des protagonistes tant il y en a ! La compréhension a vraiment été laborieuse au début. Comprendre qui était qui, en particulier dans le milieu politique, s’est révélé très compliqué. Même une fois terminé, je ne suis pas sûre de remettre chaque personnage à sa place. 

Ce livre est avant tout une enquête menée principalement par une journaliste, Camille, que l’on va suivre, mais pas seulement car au final, on ne la suit pas systématiquement. Elle a une personnalité intéressante et particulière mais pas suffisamment mise en avant à mon goût ce qui m’a empêché de mieux la cerner.

Il y a aussi pas mal d’indications de lieux précis dont je n’ai pas compris l’intérêt principal, mais peut-être est-ce propre au fait qu’on doit le lire comme un scénario de film.  J’ai mis longtemps à vraiment me plonger dedans. Jusqu’à la moitié, j’ai un peu subi la lecture, ne voyant pas trop les intérêts de telle ou telle chose. Quand enfin cela a commencé à bouger, je me suis vraiment prise au jeu. C’est devenu intéressant dès que les révélations sont apparues et que j’ai pu commencer à faire des recoupements, des suppositions, à suspecter des personnes et remettre en question l’enquête.

Je m’attendais à avoir peur mais ça n’a pas été le cas. Il n’y a pas de scènes qui m’ait fait retenir mon souffle, ou bien, flipper pour la personne qui était concernée, et c’est dommage. Bien que je ne sois pas la première à aimer me faire peur, je dois avouer que cela m’a un peu manqué. Il y a quand même eu un peu de suspense mais c’est réellement arrivé quand l’intrigue s’est mise en route et que les pièces du puzzle se sont formées.

Certains passages ne laisseront pas indifférents le lecteur.

Personnellement, j’ai ressenti une profonde injustice lors d’un flash-back associé à une incompréhension la plus totale. Des choses à vomir, tout bonnement révoltantes et répugnantes mais qui pourtant apportent, d’une certaine manière, des indices à l’enquête actuelle ainsi que des soupçons sur une personne.

101542462_2636136286706239_5734433195936448512_nLes sous-parties des chapitres sont coupées de façon à faire monter crescendo la pression, le suspense et ça a vraiment bien fonctionné sur la fin du livre. Je n’ai d’ailleurs pas vu le temps passer. J’ai apprécié la chronologie très claire et respectée, même si en soit, l’histoire se déroule sur 5 jours. 

La plume de l’auteur est agréable et fluide, les rebondissements s’enchaînent avec brio. On ne reste tranquille seulement quelques minutes tant les événements et les révélations s’enchaînent. La fin était réellement très intense, j’ai vraiment apprécié.

Je ne m’attendais absolument pas à un tel retournement. Les complots, plus nombreux les uns que les autres, se dévoilent tandis que certains masques tombent.

J’ai quelques questionnements qui demeurent en suspens. Il semblerait qu’il y ait un préquel à l’histoire. Ne l’ayant pas lu, il est possible que cela en soit la raison.

En résumé pour ce livre : si vous croyez que la politique et les hautes sphères de notre société regorgent d’hommes honnêtes et altruistes, et que vous souhaitez voir un envers du décor lisez-le. A contrario, si vous n’y croyez pas, lisez-le et confortez-vous. 

Dans les deux cas, “une vieille affaire” vaut vraiment le détour.

Le Signal – Maxime Chattan

Résumé WP(3)
Disponible en poche – Sorti le 24 octobre 2018

Je vais pas vous mentir, j’avais désespérément envie de me jeter dans ce roman. Les commentaires, s’ils n’étaient pas toujours élogieux, étaient au moins encourageants. Effrayant, digne d’un bon Stephen King, ne vous laissera pas indifférents. Et c’est ce que je recherche dans la lecture : ne pas rester indifférente. J’ai sauté sur l’occasion à sa sortie en poche, car le bébé fait quand même 1000 pages…
Et je ne vais pas vous mentir, j’ai été très déçue.
Nous suivons donc l’arrivée d’une famille à Mahingan Falls, dans une grande maison qui fait bien flipper mais qui a l’air mignonne sur le papier. Evidemment, dès les premiers jours, des choses étranges surviennent : leur bébé pleure toute la nuit sans raison, leur fils se fait mordre la cheville alors qu’il est en train de jouer dans les cartons et le papa découvre un mystérieux grenier scellé à l’étage, avec des dizaines de journaux intimes sur un homme cherchant dans le passé de la maison…
Bref, tout ça me donnait l’eau à la bouche et quelques frissons je vous l’accorde ! Le vieux voisin débarque chez eux, leur indiquant que tous les anciens propriétaires de cette maison ont fini par mourir dans des circonstances étranges… J’avais presque envie de cocher mon bingo “clichés des films d’horreur” mais c’était bien tourné, plutôt haletant alors j’étais contente.
Sauf que voilà, de roman sympa avec de bonnes pistes à exploiter, j’ai ensuite eu l’impression de revoir toutes les scènes de mes films d’horreur fétiches (oui je suis une grande fane). Les vieux journaux intimes dans le grenier ? Sinister. La scène dans le champ de maïs ? Dans les hautes herbes. La maison hantée ? Amityville. La morsure dans la chambre ? Paranormal Activity. Et c’est cette surenchère de scènes cultes qui m’ont fait décrocher du roman. Je suis d’accord, on ne peut pas toujours réinventer le genre, mais là c’était too much pour moi.

On repassera sur la romance et les sentiments des héros…
Autre point noir : le roman fait 1000 pages. 1000 ! C’est long, très long surtout pour une trame qui n’est pas très étoffée. Pour ainsi dire, il n’y a pas de plotwist. Je m’attendais à une histoire de ouf, car Maxime Chattam a très bien documenté son roman, que ce soit sur les Etats-Unis ou les sorcières de Salem. Il y a une réflexion très intéressante sur la religion… qui n’est pas poussée.
De nombreuses sous-intrigues qui n’ont rien d’horrifiques viennent agrémenter le roman. Certes, nous apprenons à connaître les personnages… jusqu’à la boucherie finale où l’auteur décide purement et simplement de tuer certains personnages qui n’avaient pas terminé leur arc narratif. Je vais être honnête : j’ai survolé la fin du roman. J’avais espoir que le léger fil de romance entre les deux héros me fasse tenir jusqu’au bout mais elle est à peine exploitée… Je pensais que l’histoire rapprocherait les deux parents, au contraire, ça les a presque brisés.
Tout ça pour conclure que j’étais très déçue. La plume n’est pas au rendez-vous, l’histoire non plus, et si le début est extrêmement prometteur, la fin part en cacahuète. C’est la première fois que je suis déçue d’un Maxime Chattam. Pour les personnes qui ne sont toutefois pas calées en roman d’horreur et qui veulent vivre un léger frisson, ça peut être intéressant pour une première découverte.
J’adule Maxime Chattam alors je lui laisserai une nouvelle chance avec son prochain romanUn(e)secte mais si vous voulez sortir des codes et lire une histoire haletante, préférez Que ta volonté soit faite, plus court, dynamique, et donc le plotwist final vous laissera pantelant.
Enfin voilà, si quelqu’un d’autre l’a lu, je serais ravie d’échanger avec lui ou elle, parce que je crois que je suis passée à côté du roman malheureusement…
NOTE 1,5

Les étoiles de David – Kristina Ohlsson

Me voilà de retour pour une chronique de Kristina Ohlsson. Agréablement surprise par le tome 3 « Les Anges Gardiens » reçut en service presse, je me suis penchée sur le tome 5, « les Etoiles de David » (oui, toujours pas dans le bon ordre). Et punaise ! J’aimerais être vulgaire tellement j’ai été subjuguée par ce roman-là. Alors bien évidemment, il a des défauts, mais j’ai été totalement emportée.

Nous suivons donc à nouveau une enquête d’Alex et Fredrika. Une institutrice est abattue et deux petits enfants ont disparu. Ce que j’aime tout particulièrement c’est l’alternance des points de vue : nous allons suivre de nombreux protagonistes qui nous donneront tous un angle de vue différent sur le roman… et qui ne laissent passer aucun indice à mon grand regret haha !

C’est difficile de parler d’un thriller sans en dévoiler les ficelles, mais l’auteure va réaliser un tour de force extraordinaire en emmêlant différents fils de la trame, enchevêtrant les chapitres pour nous donner la solution qu’à la toute dernière page.

Pour ce qui est de l’enquête en elle-même, ce n’est pas la plus incroyable. Ça reste un policier assez commun, mais le décor de la Suède, juxtaposé aux indices semés au compte-goutte par l’auteur m’a vraiment séduit.

Je suis toujours amoureuse des petites touches de personnalité qu’elle donne aux enquêteurs : même si ce ne sont pas les personnages principaux du roman dans le sens où nous ne connaissons pas grand-chose de leur vie, chaque introspection est toujours bien dosée, juste, et très à propos.

On pourrait croire que le thriller est froid et que les personnages sont peu attachants mais elle m’a presque émue aux larmes sur la fin.

Ce qui est étrange avec Kristina, c’est que je ne la lis pas spécialement pour l’enquête en elle-même, qui reste dans les codes des thrillers normaux, mais pour ses personnages, extrêmement humains, et sa manière de jouer avec nous sur la forme de son roman – certains chapitres n’ont pas de titre de personnage et il faut arriver à deviner de qui elle parle… et à chaque fois, c’est à côté !

Ce livre vous plaira si vous aimez les écritures sobres et assez « froides », les histoires bien documentées, les retournements de situation qui vous font vriller le cerveau… et si vous acceptez d’être mené par le bout du nez par un auteur qui sait exactement comment ne pas ménager son lecteur.

Vous pouvez retrouver le roman sous format ebook ou à petit prix en format poche en cliquant !